3 semaines…Et puis…?

Bon, 20 jours après et puis…Rien. Je suis réfugié ailleurs, sans rien qui vient de ma vie. Je regarde les pluies et les tempetes continuer de parachever la destruction de ma vie et de ce qui fut le centre de tant d’univers. J’ai, dernier ilot de soleil, des amis qui font ce qu’ils peuvent pour me soutenir et supporter mon état. Toute réparation est en dehors de mes prix pendant que les dossiers et paperasseries continuent de se monter dans le confort de bureaux lointains et inconnus en prenant leur temps, tout leurs temps. Venant de moi ou d’ailleurs, les idées fusent et atterrissent là où atterrissent toutes les idées quand on n’a plus une tune, nulle part…

Bref il ne se passe rien. Juste le silence, la torture d’un emploi du temps hier agréable, non posté, avec des journées sans horaires qui passaient trop vite entre coups de téléphone, rendez vous et écriture. Une possession de son propre temps devenue insupportable entre les murs froids et sans ame d’un refuge exigu et par trop fonctionnel. Trois semaines après, j’ai vieilli de 60 ans, tout mon etre est un arrachement, une douleur. Plus rien n’a de gout ni de saveurs, tous les espoirs, les reves, les fois se sont envolés. J’observe ce qui m’arrive, je quantifie ces symptomes qui s’accumulent, qui apparaissent au fur et à mesure de ces trois semaines…

Ne meme plus chercher à résister quand on se couche, chaque soir, un peu plus tot que la veille. Finir par aimer cette conscience qui se ferme, quand la reverie aussi vaine que fidèle aux belles choses, vous ramène vers un peu de tendresse et s’enfoncer dans ce qu’on ne peut meme plus appeler un sommeil avant d’etre surpris par le réveil. Ce retour au monde souriant qui s’effondre en une seconde pour devenir un lever à chaque fois pire que le précédent. Subir chaque jour, un épuisement plus fort, une journée plus longue et plus douloureuse et essayer…De chercher la moindre inspiration, respiration, le moindre appel de vie. En vain. Entendre une voix de moins en moins en moins audible, qui s’étrangle, qui n’y croit plus et voir.

Voir le corps qui devient plus douloureux à chaque minute, le regard et les muscles du visage qui se perdent dans je ne sais quelle fixité molle et vaguement apeurée. Ressentir les épaules qui n’ont plus qu’une envie se vouter alors que la nuque ne pense qu’à une chose se baisser pendant que la marche se ralentit et que l’amplitude des pas diminue. Et après tout ça, admirer. Admirer ce tableau clinique, simple et clair d’une décompensation psychologique en live. Se voir dans ce tableau qu’on a si souvent étudié, commenté. Voilà donc aussi à quoi servent les études, comprendre pas à pas de quoi on va crever…

20 jours après et puis…Et puis, je crois que je ne veux plus. Je crois que je ne veux pas revenir, à nouveau. Je n’ai plus envie d’utiliser cette fameuse force, ces fameuses ressources, cette résilience, cette intelligence qui pourra toujours faire la différence, comme me disais quelqu’un un jour, entre deux aventures, déja…C’était une belle aventure remarquez, passer un concours pour se ranger des bagnoles après toutes les folies de la vingtaine. Adieu Rennes, rebonjour Paris. Comme disait une vieille chanson, t’as pas changé mon vieux. En fait si, pas mal mais c’est une autre histoire. A nouveau, la caisse et les 2 sacs, en un an c’était fait. Pas mal hein ? Sauf qu’on était en 2004, ça m’attendait ailleurs.

Bah, et si c’était à nouveau l’aventure qui m’appelait ? Ouais mais non, ça n’en peux plus. Tout ça n’a plus envie de de se battre, de s’adapter, encore, de faire un miracle, à nouveau…Mes 135, mon dynamisme mental, mes capacités d’analyse, ma drole de tete et mon drole de ton, ils ne veulent plus jouer. Ils ont juste envie de dire merde à la Terre entière ! Maintenant ils veulent juste vivre. Repartir, à nouveau, retrouver le gout de l’air et des deux sacs ou se poser, pourquoi pas et peut importe, mais Vivre. Ah si, 20 jours après et puis…Il y a bien une news, je ne veux plus me battre.

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