Et la dernière nuit arriva…!

Deuxième nuit sans dormir et je ne sais plus quoi dire…Deuxième nuit et nouvelle catastrophe. Encore…Et à chaque fois on se rapproche un peu plus de la fin. La fin de cette agonie entamée quelque part entre 2016 et 17. La fin de ce parcours qui, après avoir vu s’effondrer tous les symboles, tous les espoirs, tous les horizons et tous les bonheurs, a tenté de renaitre dans l’impossible…Un soir. Un soir comme tous les autres, à l’heure où l’on ferme la porte sur l’action et le monde pour s’avachir doucement sur le canapé et décider de quoi va etre faite sa soirée. Un soir comme les autres et puis…Un fracas, accompagné d’une chute qui fait trembler le parquet. On ouvre une porte et on perd ses mots…!

Les mots n’ont plus de place. Là, un soir, ce soir, les débris qui jonchent le sol ne sont plus symboliques. Ils ne sont plus ceux d’une vie. Ils ne sont plus la métaphore de ce dernier élan de résistance et de vitalité que fut 2017. Ils ne sont plus ces morceaux d’honneur jetés en pature qu’une dernière foi a cru pouvoir reconquérir. Les débris de ce soir étaient les morceaux d’un plafond qui venait de s’effondrer…En un autre temps, j’aurais appelé ça un aléa de la vie, juste avant d’appeler, sans meme plus d’affolement que ça, assurance et artisan. Ca c’était avant, maintenant, c’est une digue de plus qui vient de rompre, un pas de plus vers l’abyme…!

Un fracas d’une seconde et le champ de ruines n’est plus cette métaphore qui exprimait, dans je ne sais plus quel texte, la fin d’une mission. Il est là, devant mes yeux et mon corps qui se rend à l’angoisse. C’est la vision brutale, violente d’une maison qui subitement vient de céder. Harassée, maltraitée, forcément maltraitée, mais respectée, aimée, rafistolée autant qu’il fut possible, en une seconde, elle a cédé. Pendant 6 ans, elle a résisté et a tenu. Fatiguée, décrépie, mais elle a tenu. En 2017, elle a encore voulu y croire, espérant et luttant, s’épuisant contre toute logique espérant finalement vaincre. Il y a un an, est venu le coup de trop : une blessure infligée par la fameuse tempete Alex.

Plus de moyens pour rafistoler, elle a fini par céder progressivement et finalement craquer sous le coups d’infiltrations. 10 ans après 2011, après la première défaite, le premier breakdown, quand il a fallu, contraint et forcé livrer une vie humaine désemparée à la perversité, à la machine à broyer, à la machine à cash qui « accueille »les victimes d’Alzheimer et du 4e age. Après ces 17 années qui auront tout vu, 2021 était donc le moment, le moment de la fin…!

2021 aura donc vu la chute du dernier refuge, refuge pour la dernière action. Oh, en n’ayant plus l’énergie ni l’espoir pour regarder le chaos, la saleté ou la décrépitude s’amonceler, mais là d’où l’on pouvait agir, porter un mince espoir, encore. Tete la première dans le peu de place qu’il restait à l’élan, on ne voyait plus que lui, le travail…Le dernier, aussi, qui rendait la douleur quotidienne encore supportable, dernier refuge enfin qui donnait encore un tant soit peu de sens à ce qui restait une lutte, pour l’identité, la dignité, l’existence d’une personne, baffouée et réduite contre rançon à une vie végétative.

2021, verra donc aussi ma chute, ma fin. Moi aussi, l’hiver 2021 m’aura vu me féler, craquer. J’ai craqué à force…A force de nuits sans sommeil, à force de faim, à force de n’avoir plus les moyens d’etre acteur de ma propre vie. A force de devoir subir toutes ces insignifiances devenues des murs. A force de s’épuiser presque à chaque instant à devoir preter attention à tous ces détails de l’existence devenus des dangers qui peuvent mener vers l’abyme. A force d’immobilité, à force de faire contre mauvaise fortune bon coeur, alors qu’un horizon tellement rétréci qu’il se limite à là où peuvent me mener mes pas, m’étouffe et m’étrangle un peu plus chaque jour.

J’ai cédé à force de tension permanente, d’absence de repos, de paix. A force de résistances inutiles, à force de m’épuiser en vains efforts pour tenter de briser d’implacables cercles vicieux financiers aux chiffres pourtant si minables. J’ai craqué parce que 17 ans à lutter, à tenir, 17 ans qu’à chaque résilience d’une nouvelle avanie, en surgit une nouvelle encore plus puissante, c’est épuisant. Et un jour, s’épuiser on ne peut plus, on ne veut plus, alors on lache, on craque.

Et j’ai craqué à force de solitude. Pas la solitude physique, j’ai la chance d’avoir un entourage fidèle, attentif, précieux et patient devant les différents climats de mon ame qui ne sont ni toujours les plus joyeux ni les plus simples. Non pas cette solitude là, mais le poids de cette tristesse présente dans chaque mouvement, dans chaque sensation. Cette tristesse qui isole, que l’on porte en soi, partout, que l’on soit seul ou entouré par ses proches. Une tristesse que l’on ne peut pas dire, par politesse ou pour ne pas faire mal à ceux qui vous offrent encore la richesse de leurs sourires.

Et, au coeur d’un hiver, en meme temps que mon corps n’a plus voulu suivre, elle m’a submergé. Elle m’a suivi, fidèle compagne de ma chute. Elle est là, dans le repos comme dans l’action, dans les peines comme dans les joies qui restent. Elle brise tout élan, toute envie et toute spontanéité. Elle est faite d’avoir trop vécu. Elle est faite de trop d’aventures, de voyages, de trop de vies passées, de trop de souvenirs, de trop de disparus, de trop de joies et d’amours. Des souvenirs qui ne sont plus que des tortures qui tournent en boucle et que ma vie, dans son vide ne peut plus reconnaitre.

Deuxième nuit sans dormir…La nuit avance tellement que ce n’est plus la nuit…Impossible, meme de me reposer. Seule la concentration sur ce qui est devenu un texte au fil des heures, à la fois maladroit et trop bavard, m’épargne un peu le vertige de l’angoisse. Il n’y a plus que cette plaie béante sur le plafond, ce sentiment d’un point de non retour et le silence, lourd, dense, profond qui me hurle dans les oreilles, au delà il n’y a plus de mots, plus d’idées, plus rien.

Tout à l’heure c’était la nuit qui semblait effrayante, elle est passée et maintenant c’est l’aube qui semble devenir un gouffre. Je pense à 2004, à ce que j’ai sacrifié pour venir ici, à ce que j’ai accompli, au moins me reste il cette fierté là. Je pense à ce qui a été fait en 2017, à deux vies et un lieu. Deux personnes, un jour de 1993, ont décidé de collaborer autour d’un patrimoine et ont aimé,élevé, entretenu, révoné un univers. Une oeuvre sciemment détruite en 4 ans par la perversité d’un système.

Maintenant c’est fait, deux vies ont fini d’etre saccagées, elles ne sont plus. Une personne, immobile, aveugle, sourde, sensible encore mais perdue dans la solitude et la souffrance innomable d’un état végétatif continue de verser une rançon à des maquereaux, l’autre tient à peine debout et le seul fil qui le maintient dans la vie, c’est de se dire que s’il se tire une balle, la perversité du système ira jusqu’à redistribuer l’argent à sa chère famille, celle qui a fuit à la naissance de la maladie, le laissant seul soldat d’une guerre désespérée et l’univers pour lequel tous se sont battus est devenu un champs de ruines hier soir. Ce matin j’ai honte, honte pour ceux qui ont créé ce chaos. Allez, restons poli et, en guise d’épitaphe, laissons à ces braves gens un mot : merci…!

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