Le pire c’est que tous les sept jours il revient…Le dimanche…!

Encore une semaine, encore un obstacle, encore du fracas, alors en ce dimanche, à l’heure de ce bilan hebdomadaire, qu’en dire de cette vie parait il héroique…?

Au bord de l’abyme elle s’écoule entre action sur le fil, nostalgie et harmonie précaire, elle suit la course, jour après jour elle arrete les hémorragies, panse les plaies, la tete dans le guidon et dans l’énergie du désespoir elle invente d’improbables solutions, elle lutte et accompagne, forcenée elle remet debout pour ne pas penser à sa propre chute, elle combat, elle n’a jamais fait que cela, le dos au mur elle ne répond pas à ceux qui lui disent j’admire votre courage, ma vie s’en fout du courage…!

Les pieds dans la merde et la tete qui s’évertue à regarder un ciel vide pour tenter d’y apercevoir encore et toujours quelques étoiles, éparpillée entre fébrilité et paralysie, en claudiquant elle erre dans ce champs de bataille parsemé de tous les cadavres de son existence, quand descend la nuit, d’alcools en facilités, s’agrippant comme une folle aux heures les plus sales, elle oublie et jouit tristement avant de repartir se torturer dans un combat, dans une guerre perdue d’avance, elle tente de s’oublier, se perd autant qu’elle peut et s’endort lourdement en ayant comme dernière prière de ne pas se réveiller…!

Perdue dans tous ses oublis, toujours rattrapée et dévorée par ces heures creuses qui la ramènent à son drame et à sa solitude fondamentale mais encore lucide, pas encore totalement vaincue, elle retrouve cette ultime bouée, cette ile qui toujours l’a empechée de se noyer, elle s’accroche à sa culture, à ce qui un jour l’a construite, elle se réfugie dans l’art, réapprend à regarder, à voir un tableau, à écouter à nouveau le chant de la poésie, à lire Apollinaire, Eluard et Aragon en se souvenant soudain pourquoi il y a déja bien longtemps ils l’avaient émue…!

Protégée dans cet univers, elle tente d’etre encore et ose le partager, lointaines, virtuelles et inattendues, des connexions se font des échanges se créent et se poursuit l’expérience d’un site élargi aux réseaux sociaux, les textes se trouvent un environnement, un décor, ils deviennent un élément parmi les autres de quelque chose d’encore indéfini, né du hasard des circonstances, à la faveur d’un chaos, quelque chose dont personne ne peut dire qu’il existera vraiment, mais qui se crée…Rendue à ce qui reste quand on a tout oublié, elle construit…!

Réfugiée dans l’abri de la nuit, apaisée par ces heures qui comme disait je ne sais plus qui apportent leur effroi aux hommes injustes et leur sérénité aux hommes justes, elle reprend de vieux cahiers et à la main, elle écrit, elle écrit ce roman d’une histoire qu’il lui aura fallu vivre, d’une destinée qu’il lui aura fallu croiser, ce roman d’une beauté, d’une vie qui se sera perdue à continuellement, désespérément se chercher en osant jamais se trouver, ce roman d’un reve, d’une quete qui durant près de deux années a lutté pour briser la vitre de toutes ses fatalités et n’aura pu que revenir à ce point de départ qui en deux semaines avait déja tout dit…!

Apaisée parfois par la présence bienveillante, par l’harmonie que lui offrent ces maigres mais si précieux univers reconquis durant ces deux années de toutes les lumières et de toutes les nuits, elle parvient à sourire sans avoir à se forcer, durant quelques minutes ou quelques heures, elle profite de ces havres de paix et plaisante, partage des idées, un café, un repas, elle parvient le temps d’une éclaircie à se laisser aller, a etre surprise de la beauté d’une ville, elle ne peut plus voir les plages alors elle visite les ports, elle ne peut plus regarder le soleil et le beau temps en face alors elle se met à aimer la pluie, parfois, entourée elle existe à nouveau, simplement elle se vit…!

Voilà ce qu’elle devient cette vie qui m’aura jusqu’au bout mené sur tous les continents de l’existence, solitaire et partagée, grande et ruinée, apre, amère et enivrante, simple et difficile, à la splendeur désolée, emplie de tous les plaisirs et de toutes les tristesses, la simple joie, le bonheur et l’harmonie persistant à la fuir et à se dérober comme s’ils étaient trop grands ou trop petits pour elle, portant en elle son génie, son esthétique et ses fatalités, me menant là où elle nous mène tous, elle se dit qu’après tout, tout cela n’est qu’un jeu, une pièce de théatre absurde où chacun est condamné à tenir son role jusqu’au bout, ma vie a le sien, alors elle le tient…!

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